La titrisation est le fait de transformer des actifs financiers, tels que des créances (factures non soldées, prêts en cours…) en titres financiers émis sur le marché des capitaux dans le but de les transmettre à des investisseurs via des sociétés spécialisées dans ce domaine. Malheureusement, elle est encore très mal vue en Europe.

La titrisation, c’est quoi déjà ?

La titrisation est une technique financière visant à transférer des actifs financiers à des investisseurs en les transformant en titres financiers valables sur le marché des capitaux. Les sociétés spécialisées dans ce domaine, telle que l’organisme de titrisation Coface, achètent et regroupent un portefeuille de créances similaires – que ce soient des prêts immobiliers, des prêts à la consommation, des factures similaires… – pour ensuite les placer auprès d’investisseurs.

Les titres représentent alors chacun une fraction du portefeuille et fournissent aux investisseurs le droit de recevoir le paiement des créances sous forme d’intérêts et de remboursements principaux. Le remboursement des créances leur arriveront donc directement ou indirectement grâce à la société de titrisation.

Pourquoi un tel tabou autour de la titrisation ?

Malheureusement, cette pratique financière a longtemps été dégradée. En effet, il y a une dizaine d’années de cela, la crise américaine des subprimes (2008) a engendré un dérèglement des marchés qui a entraîné toute l’économie mondiale dans la crise. A cette époque, en Europe, de nombreux paquets de titres appuyés sur des sous-jacents instables ont été falsifiés pour être présentés par les banques comme de bons produits, alors qu’ils n’en étaient pas.

Vers une réhabilitation de la titrisation ?

Pourtant, la titrisation représente un marché très prometteur. Il florissait en effet à 818,7 Milliards d’Euros en 2008 alors qu’il n’en est plus qu’à 150 milliards aujourd’hui ; une somme qui pourrait directement aller au financement des PME.

Le comble dans cette histoire, c’est que les Etats-Unis, à l’origine de cette crise, semblent se remettre beaucoup plus facilement de cette polémique financière : le marché de la titrisation, qui représentait 2000 milliards en 2008, est déjà remonté à 1200 milliards depuis la crise.

Pour remédier à ce tabou, la commission Européenne travaille actuellement sur une initiative visant à synthétiser et ordonner l’ensemble des réglementations parues dans tous les pays de l’Union. Pour cela, elle promeut la création d’une norme haut de gamme : le STS, un texte destiné à relancer une titrisation sécurisée. Quelques ajustements techniques sont encore à prévoir avant que le texte ne soit appliqué en 2019.