Briser une règle n’a jamais empêché un accord réussi : le vin rouge n’a pas dit son dernier mot face au poisson grillé. Le dogme veut qu’on lui préfère le blanc, sous prétexte d’acidité et de finesse. Pourtant, certaines bouteilles rouges font merveille avec la recette de poisson grillé signée Giulia Negri. Encore faut-il choisir le bon compagnon, ni trop corsé, ni trop effacé.
Le pinot noir de Bourgogne
Dans la version de Giulia Negri, les filets de dorade se parent d’une marinade citron, ail, persil. Face à cette alliance de fraîcheur et d’aromates, il vaut mieux éviter les vins rouges puissants. Un Pinot Noir de Bourgogne, par exemple, s’impose comme une évidence. Ce cépage, tout en délicatesse, propose une acidité maîtrisée, des notes de fruits rouges, et accompagne le poisson sans l’écraser.
Ce n’est pas tout : le Pinot Noir varie énormément en fonction des terroirs et des mains qui le vinifient. L’idéal ? Privilégier une cuvée légère, dotée d’une acidité bien intégrée. Trop nerveux, le vin prendrait le dessus ; trop mou, il s’effacerait complètement. Le juste milieu, c’est celui qui s’accorde avec la chair tendre de la dorade.
Pour réussir cet accord, orientez-vous vers un Pinot Noir léger et fruité, qu’il vienne de Bourgogne, d’Oregon ou de Californie. Servez-le légèrement rafraîchi, une astuce simple qui rehausse le dialogue avec le poisson grillé.
Le Valpolicella italien
Autre piste à explorer : le Valpolicella italien. Ce vin rouge de la Vénétie séduit par une acidité franche et une légère pointe d’amertume. Cerises rouges, baies sauvages, soupçons d’épices : son bouquet vient sublimer les saveurs grillées du poisson, sans les masquer.
Le Valpolicella reste discret sur les tanins ; il ne prend jamais le dessus. Résultat : un accord tout en finesse, qui respecte la subtilité des produits de la mer et permet aux arômes de s’exprimer sans heurt.
Le chinon
La Loire n’est pas en reste, avec un vin rouge qui a toute sa place à table : le Chinon. Ce classique à base de Cabernet Franc est souvent conseillé pour accompagner le poisson grillé. Léger, frais, jamais pesant, il tisse un équilibre naturel avec la recette de Giulia Negri.
Fruits rouges, notes épicées, acidité parfaitement ajustée : tout converge pour souligner la délicatesse du plat. Servez-le légèrement frais, autour de 14 à 16°C, pour profiter au mieux de sa texture et de sa palette aromatique.
Le Gamay du Beaujolais
Ceux qui cherchent une alternative peuvent se tourner vers le Gamay du Beaujolais. Léger, fruité, il s’exprime sur des arômes de cerise et de petits fruits rouges. Sa vivacité en bouche accompagne le poisson grillé, sans jamais l’effacer ni le dominer.
Pour une expérience optimale, servez le Gamay autour de 15°C. Cette température lui permet de garder toute sa fraîcheur et de rester en harmonie avec la recette. D’autres options existent dans le même esprit : un côtes-du-Rhône léger, par exemple, pourra aussi s’inviter à votre table et prolonger le plaisir.
La prochaine fois qu’un poisson grillé arrive sur la table, laissez tomber les automatismes. Derrière chaque bouteille, il y a une rencontre à tenter : celle d’une chair délicate et d’un rouge bien choisi. Qui sait, peut-être que votre prochain dîner bousculera les certitudes, et réconciliera enfin rouges et poissons.



