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 LA UNE DES JOURNAUX.info


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HEBDOMADAIRES : ACTUALITÉS


Sommaire
  • L'Express :
  • Le Nouvel Observateur :
  • Le Point : A la une
  • Courrier International
  • Marianne

  • L'Express :

    Site : http://www.lexpress.fr





      Le Nouvel Observateur :

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      • Nicolas Mathieu et les gueules cassées de la France périphérique - 01/01/1970
        Invité de "Quais du polar", Nicolas Mathieu est l'auteur d'"Aux animaux la guerre" dans lequel il raconte les déclassés de la crise, les fracassés de la désindustrialisation, toute cette la France périurbaine mise en lumière par le géographe Christophe Guilluy.

        Le journalisme mène à tout (vieil axiome) et souvent, on a le droit de s’en désoler, à l’écriture. S’il travaille aujourd’hui pour un site d’information en ligne, professionnellement Nicolas Mathieu a d’abord tenu la plume comme greffier dans les réunions des comités d’entreprise. Lesquels ont comme particularité d’être rarement au chômage depuis que les fermetures d’entreprises rythment le quotidien de plusieurs régions de France. De cette routine de la déglingue sociale est sorti un premier roman, Aux animaux la guerre, comptant parmi les révélations de 2014 et salué par un prix Mystère de la critique au début de la présente année.

        Nicolas Mathieu a des allures d’étudiant raisonnable, le grand sourire et les grosses lunettes de ses photos de promo et des phrases précises et choisies qui trahissent tout à la fois des convictions et le goût des livres. « Lors de la crise de 2008, explique-t-il, j’avais eu, de par ma fonction, l’occasion d’assister à la mise en place de plusieurs plans sociaux, j’étais en quelque sorte  au c?ur du réacteur nucléaire, là où des gens se battent pour survivre. Cette histoire méritait me semble-t-il de remonter à la surface ». Elle lui tient à c?ur en raison de ses origines — une famille modeste d’Epinal ayant peu fréquenté les bancs de l’école — mais il entendait lui apporter tout à la fois une haute exigence stylistique et une dimension populaire. « C’est pourquoi j’ai opté délibérément, en toute conscience, pour le "genre". J’avais lu Manchette qui reste, à mon avis, celui qui a le mieux théorisé le rapport du Noir et du social ». De l’auteur du Petit bleu, de Guy Debord ou encore de Roland Barthes qui concevait la langue comme un rapport de forces, il a retenu la nécessité de donner aux mots « une puissance de percussion », seule susceptible de transmettre celle des « affects et des émotions » de ses personnages englués dans le déclassement, la survie à tout prix, donc au prix du pire. « Quand on lit Céline, poursuit-il, on a l’impression que personne avant lui n’avait mis certains mots côte à côte, comme deux silex dont le frottement mettra le feu dans la tête des lecteurs ». Voilà précisément son bréviaire littéraire et moral : être les deux pieds dans la boue et allumer des feux ! « J’ai une vision pugilistique du travail de l’écrivain, prendre des coups et les rendre ! »

        A l’image d’un Benjamin Whitmer, présent aussi aux Quais du polar de Lyon, Nicolas Mathieu s’est promis de raconter le pays « hors système », la France périurbaine cartographiée par le géographe Christophe Guilluy, « un univers en train de finir sans que personne ne s’en préoccupe plus que ça ».   

        « Aux Etats-Unis, les laissés-pour-compte adhèrent massivement aux théories du complot, ici ils votent pour le FN… » Lui qui cite Bourdieu parmi ses références fortes, se méfie pourtant du prêchi-prêcha « chiant et manichéen » auquel on associe, et pas toujours à tort, le Noir social et engagé. « A titre personnel, je suis un transfuge de classe, je me sens entre deux mondes, je trouve que chacun a de bonnes raisons d’agir comme il le fait et dans mes livres je veux montrer ces raisons ». Cette bienveillance accordée à chaque caractère qu’il se garde bien de juger est une des évidentes qualités de son roman. L’autre tient à son envie de faire surgir ce qu’il y a entre les mots connus et identifiés de l’autre, le vide immense et mystérieux que porte tout individu. Il vient juste de commencer ce grand voyage en terra incognita et envisage de le continuer sous les auspices de Faulkner. « Comme lui je voudrais inventer mon comté de Yoknapatawpha, quelque part dans l’est de la France, avec un lac, une rivière ou chacun pourrait se considérer chez soi ». Importante précision : les gueules cassées de la classe ouvrière, ou de ce qu’il en reste, y seront admises sans restriction.

        Aux animaux la guerre, de Nicolas Mathieu, Actes Sud/Actes Noirs. 22,50 €.

      • Pour en finir avec l?exclusion des classes populaires de la vie politique - 01/01/1970
        "Seuls 97 des 8 124 candidats aux départementales étaient des ouvriers", regrette Arthur Hérisson. "Une telle sous-représentation des catégories populaires, écrit-il, nourrit aussi bien un important abstentionnisme que le vote pour des partis extrêmes". Il propose donc d'en finir avec la parité homme-femme et d'instaurer une nouvelle parité entre deux catégories : ceux qui se situent en dessous du revenu médian et les autres.

        Lors du second tour des élections départementales, seuls 97 des 8 124 candidats étaient des ouvriers, soit 1,2 % du total. Un tel chiffre témoigne de la large exclusion des ouvriers et plus généralement des classes populaires de la vie démocratique de notre pays. Certes, celles-ci possèdent les mêmes droits politiques que les couches supérieures de la société, mais on ne les retrouve de fait que très peu parmi nos représentants, tant au niveau national qu'au niveau local.

        Une telle situation vient nous rappeler que tout régime représentatif reposant sur l'élection tend inévitablement à donner le pouvoir aux couches les plus favorisées de la société. De l'Antiquité au XVIIIe siècle (en témoigne la pensée de Rousseau), l'élection était ainsi considérée comme un procédé aristocratique, au contraire du tirage au sort, qui incarnait des valeurs démocratiques. Il importe donc, si nous désirons conserver le principe de l'élection des représentants, de trouver des contrepoids à ses tendances aristocratiques.

        Cela s'avère d'autant plus nécessaire que la sous-représentation des catégories populaires parmi les membres de la classe politique est aujourd'hui un problème majeur. Une telle sous-représentation nourrit en effet aussi bien un important abstentionnisme (dont il faut rappeler qu'il touche avant tout nos concitoyens les plus pauvres, parce qu'ils ont l'impression que leur vote ne changera rien) que le vote pour des partis extrêmes, qui apparaissent à certains comme plus proches du peuple.

        Il faut trouver de nouveaux moyens pour mettre un terme à la crise du système représentatifÀ une époque où il n'existe plus de parti organisant par lui-même l'insertion massive des catégories populaires au sein de la classe politique française, comme avait pu le faire pendant plusieurs décennies le parti communiste, il faut donc trouver de nouveaux moyens pour mettre un terme à l'importante crise du système représentatif que provoque cette éviction de nos concitoyens les plus pauvres de la vie politique.

        Pour lutter contre les inégalités, notre pays a fait le choix depuis maintenant plusieurs années de promouvoir la parité homme/femme lors de certaines élections. Plutôt que de ne combattre ainsi que l'une des multiples discriminations qui existent dans notre société, ne vaudrait-il pas mieux s'attaquer à ce qui constitue l'inégalité fondamentale qui fracture notre pays, c'est-à-dire l'inégalité entre les couches supérieures de la société, qui dominent très largement la vie politique française, et les catégories populaires ?

        Dans le cadre d'une lutte générale contre l'ensemble des inégalités, ne serait-il pas plus efficace de mettre en place des mesures qui toucheraient plus sûrement leur but, c'est-à-dire des dispositifs favorisant l'égale représentation des couches supérieures et des classes populaires de notre pays ? Au lieu de promouvoir aux élections départementales des binômes homme/femme et lors des élections régionales et municipales l'alternance d'hommes et de femmes sur les listes, ne serait-il pas plus utile de faire alterner les catégories supérieures et les classes populaires ?

        Pourquoi, demandera-t-on, ne pas chercher plutôt à cumuler l'exigence de la parité homme/femme et celle de l'égale représentation des couches supérieures et des classes populaires ? La raison est ici purement pratique : avec l'instauration de cette double obligation, la constitution de listes de candidats deviendrait très difficile voire même impossible pour la plupart des partis, à l'exception de ceux qui peuvent disposer d'un important vivier de militants, c'est-à-dire l'UMP, le PS et, dans une moindre mesure, le FN. De la richesse ou du sexe, il faut donc choisir le critère qui paraît le plus pertinent pour expliquer les inégalités actuelles en matière de représentation politique et mettre l'accent sur la correction de celui-ci.

        Cette mesure permettrait de résorber la fracture qui sépare la classe politique de bon nombre de FrançaisEn prenant comme point de référence le revenu médian (30 000 euros par ménage et par an d'après l'Insee), il serait possible de distinguer deux groupes dans la société française : d'une part, ceux dont les revenus sont supérieurs, d'autre part, ceux dont les revenus sont inférieurs. Promouvoir la présence égale de ces deux groupes dans les assemblées locales (conseils municipaux, départementaux et régionaux) permettrait de s'attaquer directement aux conséquences politiques des inégalités économiques qui fracturent notre pays.

        Contrairement aux mesures concernant la parité homme/femme, qui ne sont pas assez ciblées puisqu'elles peuvent très bien jouer en faveur de personnes disposant d'un capital économique et social déjà très important, un tel dispositif jouerait inévitablement en faveur des catégories délaissées de notre société.

        L'exercice d'un mandat local pourrait par ailleurs dans certains cas servir de tremplin pour un futur mandat de député ou de sénateur, menant à terme à un renouvellement important de la classe politique. En permettant ainsi une irruption massive des classes populaires dans les instances de décision politique de notre pays, la mesure proposée aurait donc l'intérêt de résorber la fracture qui sépare la classe politique actuelle de bon nombre de Français tout en permettant aux intérêts des classes populaires d'être plus vigoureusement défendus qu'ils ne le sont à l'heure actuelle.

      • Lienemann : "Hollande doit comprendre la différence entre ténacité et obstination" - 01/01/1970
        Au lendemain de la défaite du PS et plus globalement des formations de gauche aux départementales, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, animatrice de l?aile gauche du parti, tire le bilan de cette "défaite pourtant annoncée". Une claque qui, selon elle, devrait pousser le chef de l'Etat à prendre conscience de la nécessité de changer de politique. Et elle prévient : il sera bientôt trop tard pour agir...

        Marianne : Au lendemain du deuxième tour des départementales, avec des résultats mauvais pour le Parti socialiste et les partis de gauche dans leur globalité, quelles leçons tirez-vous ?
        Marie-Nöelle Lienemann : Que la défaite pourtant annoncée s’est hélas concrétisée. Qu’il n’y a pas eu de grande efficacité dans la méthode, même en essayant de mobiliser contre le Front national. Ce qui n’est pas illégitime, mais qui ne règle pas les problèmes politiques de fond.
        Depuis le début du quinquennat, à aucun moment François Hollande n’a donné de signes et n’a essayé de construire d’accords avec les forces politiques qui ont permis son élection. Et plus le temps a passé et plus il y a eu des fractures créées par la politique menée par les différents gouvernements et le président de la République. Une politique éloignée des engagements que nous avions pris devant les Français et qui, par ailleurs, donne du crédit aux thèses de nos adversaires libéraux.
        Ces élections ont démontré qu’il y a un véritable décrochage des couches populaires : ouvriers, employés ou salariés que ce soit dans les banlieues ou dans les zones péri-urbaines. Toute une série de gens qui n’ont pas vu le début d’une once d’amélioration de leur situation depuis que François Hollande est président. Ils ont même plutôt assisté à une dégradation… Donc on observe un décrochage sociologique de toute une partie de la population sans laquelle la gauche ne gagne jamais.
        Il est urgentissime de renouer avec une politique qui instaure pour ces catégories de la population qui vivent mal, qui ne voient pas d’avenir pour leurs enfants, non pas comme dit François Hollande des « marqueurs de gauche », mais des actes qui relancent leur pouvoir d’achat et améliorent leurs conditions de vie. On le voit bien, la politique de l’offre est inefficace avec une croissance économique très faible. Et quand le gouvernement dit que tous les indicateurs économiques sont au vert, c’est à se demander s’ils ne sont pas daltoniens ! Et ce n’est sûrement pas la loi Macron qui va améliorer la situation. C’est même l’inverse qui va se passer.

        Vous parlez de la nécessité du rassemblement à gauche. Mais finalement, le rejet par « le peuple de gauche » de cette politique menée depuis le début du quinquennat n’est-il pas devenu si grand que même rassemblée, la gauche ne peut plus convaincre ? En Essonne, malgré un rassemblement des partis de gauche, une situation exceptionnelle par rapport aux autres départements, la droite a quand même remporté l’élection…
        Bien sûr. Le rassemblement des appareils, s’il ne se fait pas en symbiose avec le sentiment de l’ensemble de la base des partis de gauche et écologistes et s'il n’y a pas une dynamique, n’est pas possible. Quand Martine Aubry dit : « Il ne peut pas avoir d’unité sans contenu », c’est aussi ça qu’elle constate. Quand on plaide pour l’unité des forces de gauche, ce n’est pas simplement des coups tactiques. Hollande pense la gauche du seul point de vue de la tactique. Il croit, in fine, que pour avoir des postes de conseillers généraux, les appareils politiques accepteraient de faire des accords. Mais d’une part, les accords sont de plus en plus difficiles à faire lorsque vous avez une politique qui fracture la majorité et ensuite, les électeurs de chacune de ces forces ne sont pas des automates. Ils ont besoin d’être convaincus que leurs revendications sont prises en compte et que les perspectives sont bonnes.

        Pour vous, qui sont les responsables de cette déroute du parti socialiste : Hollande, Valls, Cambadélis ?
        Le responsable politique des orientations qui ont été prises, c’est le président de la République. Premièrement, il n’a pas fait le rassemblement. Ensuite, il a signé le traité « Merkozy ». Enfin, il a fait venir Valls après une première alerte majeure, celle des élections municipales. C’est aussi lui qui a parlé de la politique de l’offre. Sauf que, maintenant, Hollande doit comprendre que l’obstination, ce n’est ni de la cohérence, ni de la lucidité. Entre la ténacité et l’obstination, il y a une différence. La ténacité, c’est lorsque l’on voit réellement les choses progresser sur le terrain politique et sur le terrain économique et social. L’obstination, c’est lorsque l’on voit que rien ne marche, que l’on se plante et que l’on dit : « Ce n’est pas grave, un miracle arrivera ».

        Valls semble être tout de même un sacré repoussoir pour les autres forces de gauche…
        Ça ne sert à rien les oukases mettant en cause les gens. Personnellement, je pense que Valls incarne cette tournure néo-libérale. Mais c’est trop facile de se focaliser seulement sur lui puisque, si vous changez le casting sans changer de ligne, la question sera exactement la même. Ce qu’il faut se demander c’est : quel contenu politique le président de la République est prêt à mettre en ?uvre ?  Est-il prêt à repartir sur des choses centrales comme le pouvoir d’achat des Français modestes, la réforme fiscale avec une CSG progressive, la refonte du pacte de responsabilité en rééquilibrant massivement les aides en faveur des ménages ? Nous avions publié avec Emmanuelle Cosse et Pierre Laurent, pendant l’été, un manifeste pour une nouvelle plate-forme commune. Un document très précis qui reprenait des points de la période du Bourget. Et cela, dès le mois de juillet. Donc, il y avait des éléments. Mais au lieu de ça, il a préféré conforter Manuel Valls dans son tournant néo-libéral.

        Pensez-vous vraiment que le Parti socialiste peut encore être un moteur de ce rassemblement ?
        A gauche, quand ça va mal pour l’un, ça va mal pour l’autre. En cela, pour tous ceux qui font le pari d’être une alternative, ça ne marche pas. On voit bien qu’en France, la gauche ne fonctionne que lorsqu’elle est rassemblée. Donc, lorsque vous parlez d’alternative, les gens ont compris que vous allez dans le mur. Ça ne mobilise pas, parce que ce n’est pas crédible. La question est comment permettre ce rassemblement ? Et le congrès du Parti socialiste va devoir jouer ce rôle. Est-ce que le PS va peser pour qu’une certaine orientation et une stratégie unitaire prime. C’est le grand débat ça !

        Et si le congrès qui se tiendra en juin ne donne rien ?
        Il est certain que si l’on continue comme avant et que l’on parie sur le « sauve qui peut voilà le Front national », je ne pense pas que ça suffira pour permettre le sursaut indispensable à gauche. Depuis le début, François Hollande semble pourtant compter sur la division du camp adverse pour se retrouver face à Marine Le Pen. Une stratégie qui comporte un double danger. D’abord, on joue la carte Marine Le Pen pour qu’elle soit au deuxième tour, ce qui est dangereux pour le pays. Ensuite, penser que les divisions à droite seront supérieures aux divisions à gauche est une grave erreur. Car si la droite se divise beaucoup quand elle n’a pas de chef, une fois qu’elle l’a trouvé, la tendance bonapartiste de ses membres fait qu’ils se rassemblent autour du chef. Dans l’état dans lequel est le pays et l’état de la gauche, chacun devrait relativiser ses plans de carrière pour se concentrer sur des choses plus importantes.

        Croyez-vous que le rebond que vous appelez de vos v?ux soit encore possible d’ici 2017 ?
        En politique, tout est possible à partir du moment où vous avez un cap, une stratégie et que cette stratégie permet un sursaut. Mais là, la lente descente aux enfers en espérant le miracle, ça ne peut pas marcher ! Nous sommes à deux ans de la fin du quinquennat, c’est le moment de changer ! Les gens sont au pied du mur. Si par malheur rien ne bouge et que ça continue aux régionales, ce n’est pas à un an de la présidentielle que l'on pourra engager un rebond. Je sais bien que la grande mode des communicants est de dire que les gens votent au dernier moment. Sauf que vous avez une espèce de nappe phréatique qui s’est construite. Si les gens sont dans une colère, une rogne contre vous, voire une haine, ce n’est pas au dernier moment qu’ils auront envie de changer d’idée.

      • La Grèce en route vers la "double monnaie" ? - 01/01/1970
        De la monnaie unique à monnaie commune ? Sur son blog "L'Arène nue", Coralie Delaume explique que de hauts dirigeants européens auraient imaginé, en cas de besoin, la mise en place d'une sorte d'"euro grec" qui cohabiterait avec l'euro traditionnel.

        Olivier Delorme, historien et spécialiste de la Grèce, vient de repérer une information intéressante sur le site grec To Pontiki. Des responsables européens auraient récemment évoqué, en cas d'échec des négociations entre la Grèce et l'Eurogroupe sur le sujet des réformes et d'impossibilité pour Athènes de faire face à ses dépenses courantes, de mettre en place provisoirement une « double monnaie ».

        Idée farfelue ? Pas forcément. Pas neuve en tout cas. En 2012, un économiste de la Deutsche Bank s'était fendu d'une étude dans laquelle il formulait exactement la même proposition. Ce créatif individu, répondant au doux patronyme de Thomas Meyer, avait expliqué ceci : le gouvernement hellène étant sur le point de se trouver à court d'argent pour payer les traitements des fonctionnaires et les retraites — et faute de disposer d'une banque centrale nationale pouvant émettre des euros — il pourrait être amené à imprimer des reconnaissances de dette ou « IoU » («I owe you» ). Peu à peu, ces IoU se multiplieraient et finiraient par devenir une monnaie en tant que telle, que l'ont pourrait baptiser « Geuro ». Ce « Geuro » cohabiterait avec « l'euro-sans-G », l'un n'étant utilisé qu'en interne, l'autre pour les échanges commerciaux entre pays.

        Lire la suite sur « L'Arène nue » le blog de Coralie Delaume

      • Crash de la Germanwings : les médias volent en rase-motte - 01/01/1970
        Une semaine après le crash de l?A320 de la Germanwings, Laurent Herblay s?interroge, sur son blog, sur la "bouillie indigeste" que nous servent des médias transformés, écrit-il, en "robinets de l?immédiat" : "Il semble que la plupart des médias déversent de l?information sans réfléchir à l?intérêt, ou non, de la diffuser."

        Depuis mardi, le crash de l’avion de la Germanwings, qui a fait cent cinquante victimes, fait la une des médias qui nous abreuvent chaque jour de découvertes plus ou moins importantesCette frénésie médiatique n’est-elle pas totalement exagérée, même si le drame est absolument atroce ?

        Il est sans doute naturel que l’atrocité, peu commune, du décès simultané de cent cinquante personnes attire une telle attention médiatique. Dans nos pays, un tel drame est heureusement extrêmement rare. En outre, le fait que cela ne soit probablement pas un accident mais, semble-t-il, le choix délibéré, et donc, de facto, le meurtre de cent cinquante innocents par ce copilote qui se serait enfermé dans la cabine, puis aurait alors envoyé l’avion dans la montagne, a de quoi susciter l’intérêt et des questions, et donc remplir des pages et des pages d’articles ou des de longues minutes de reportages ou de commentaires. C’est un acte dont on se souviendra probablement pendant longtemps.

        Cependant, la couverture de tous les instants par les médias, avec le compte-rendu de la moindre découverte, intéressante ou non, par n’importe quel média, laisse un drôle de sentiment.

        Lire la suite sur le blog « Gaulliste libre »

         

      • Fourquet : "A gauche, l'horizon est bouché à court terme" - 01/01/1970
        Directeur du département Opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet revient sur les résultats des départementales. Il décrit un exécutif dans l'impasse. Même si des écologistes ou des frondeurs entre au gouvernement, d'"autres à gauche, explique-t-il, continueront à demander une réorientation de la politique économique" ! Pendant ce temps-là, Sarkozy a réussi à "parler à toutes les droites" et le FN a poursuivi son implantation. Et ce processus est "loin d'être terminé"...

        Marianne : Que retenez vous de ces élections départementales ?
        Jérôme Fourquet : La nouvelle défaite de la gauche et l’ancrage régional du FN sont des phénomènes politiques très importants. Au regard de ce que l’on a entendu, hier soir, chez les frondeurs, de ce qu’il va se passer (ou pas) au niveau de l’action gouvernementale (un remaniement, une inflexion sur la ligne...), ce qui me paraît quand même le plus important c’est que la gauche encaisse une lourde défaite électorale du fait de ses divisions.   

        Manuel Valls a acté la défaite de son camp le soir des résultats, interdisant du même coup tout débat sur une inflexion quelconque de la politique gouvernementale…
        Si l’on se réfère à l’interview donnée par Hollande à Challenges avant les élections, il semble que la stratégie était calée avant les élections. Ils considèrent qu’ils n’ont pas trop de marges de man?uvre pour donner un coup de barre à gauche, que Bruxelles et les partenaires européens  interdisent toute modification de ligne et sans doute que, dans leur for intérieur, ils sont convaincus d’être sur la bonne voie, que la reprise est là et que cela va finir par payer. Alors que l’on reprochait beaucoup à Hollande de ne jamais trancher, depuis son coming out social-libéral qui date de la fin 2013, il a vraiment choisi con camp et il tient sa ligne. Faire un virage, même à 90 degrés, serait sans doute complètement illisible.

        Mais la contestation se fait de plus en plus entendre au sein du PS. Est-ce que le déni politique d’un gouvernement qui accumule les défaites électorales sans jamais rien changer à sa politique peut durer indéfiniment alors que le parti  sombre ?
        La fracture au sein de la gauche est réelle. On l’a vu à différentes étapes, notamment quand les candidatures ont été déposées aux cantonales, il y a eu une fragmentation très forte notamment de la part du Front de gauche. Il y a encore un an communistes et socialistes marchaient main dans la main dans certaines villes, expliquant que les politiques sociales fonctionnaient encore au niveau local. Désormais, le grand écart idéologique est impossible à justifier. Donc, dès le dépôt des candidatures, il y a eu acte de fracture. Par ailleurs, le nombre de départements perdus est plus important que les projections du ministère de l’Intérieur qui raisonnait en blocs gauche, droite, FN. Sauf que le bloc gauche, on l’a vu, était largement artificiel et les reports de la gauche non-socialiste n’ont pas été parfaits. D’où des écarts à l’arrivée qui sont relativement importants.
        Donc, la fracture est réelle et il y a un électorat qui s’exprime à la gauche du PS. Celui-ci est suffisant pour faire perdre, mais n’est quand même pas majoritaire à gauche. En définitive, la gauche est prise dans une sorte de quadrature du cercle qui la condamne à la défaite. Vous trouverez toujours des écolos ou des frondeurs pour monter sur un navire qui prend l’eau et rentrer au gouvernement. Ça amusera la galerie 24 heures et on saluera l’habileté tactique de Hollande. Mais derrière, les autres continueront à demander une réorientation de la politique économique.

        Ce que vous décrivez n’ouvre aucune perspective à part l’ouverture au centre ?
        Oui. Sauf que c’est trop tard. C’est là que l’histoire est tragique. Il y a une fenêtre qui s’est ouverte lorsque Bayrou a fait le choix historique de tendre la main à Hollande. C’est sans doute l’erreur politique de Hollande qui a admis d’ailleurs plus tard avoir sous-estimé l’ampleur de la crise économique et donc l’ampleur des réformes à mener. Il mène une politique libérale avec les mêmes qu’avant. Il fragmente, dès lors, très vite sa majorité et perd beaucoup de temps. Pendant ce temps-là, Bayrou retourne avec Borloo dans un attelage UDI-MoDem. Et on l’a vu pendant ces départementales, il y avait justement beaucoup d’attelages UMP-UDI et MoDem.
        Donc l’ouverture au centre mais avec qui ? Il reste des gens comme Hulot, Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias. Politiquement, c’est très léger et malgré tout, pour les attirer, il faut que les engagements pris en matière environnementale soient à la hauteur. Ce sera tout aussi difficile d’attirer ceux qui pensent que le gouvernement n’est pas assez à gauche. Ils ne viendront que contre des engagements précis. Le compromis n’est pas possible alors que Martine Aubry commence à hausser le ton. Tout ça avec le congrès qui se profile. On en revient à cette quadrature du cercle. A court terme, l'horizon est bouché à gauche et je ne vois pas beaucoup de solutions.  

        Comment analysez vous les succès remportés par la droite qui semble bénéficier du rejet de la gauche mais qui résiste assez bien aussi à la poussée du Front national ?
        Sarkozy a essayé de renouer avec ce qui avait fait son succès en 2007, c’est-à-dire parler à toutes les droites. Il fait siffler le MoDem dans les meetings, mais dans l’ensemble les alliances locales avec l’UDI et le MoDem ont tenu. Il a d’ailleurs réservé sa sortie sur les cantines halal à la toute dernière ligne droite. Donc, l’UDI a un peu râlé  pour la forme, mais rien de suffisamment grave pour mettre les alliances en péril.
        Pour beaucoup d’électeurs de droite, la question économique reste centrale avec un fort électorat de retraités. En ce sens-là, d’ailleurs, le programme économique « mélenchoniste » de Marine Le Pen, avec sortie de l’euro, attire très peu d’électeurs UMP. Par conséquent, les porosités entre l’UMP et le FN existent, mais il y a des sujets qui constituent nettement une digue et qui les empêchent de basculer. C’est ce qui peut laisser des espoirs à droite. Il leur reste à mettre en ?uvre ce que Ségolène Royal appelait « la politique par la preuve » c’est-à-dire à mettre en ?uvre localement, d’ici 2017, dans les départements qu’ils gèrent ce qu’ils préconisent au niveau national : lutte contre l’assistanat, réduction des frais de fonctionnement, soutien aux entreprises, économies, baisse ou gel des impôts. Soixante départements, ce sont autant de laboratoires où ils vont pouvoir être observés et ils vont devoir montrer qu’il se passe quelque chose. 

        Les commentateurs se sont rassurés à peu de frais en comparant le score du Front national à des sondages qui l’annonçaient à 30% au premier tour. Est-ce que ce sont les sondeurs qui se sont trompés, les observateurs qui se sont illusionnés ou le FN qui a fait une contre-performance ?
        Je pense qu’on avait plutôt bien cerné le potentiel du FN : à mon avis 27% ou 28% serait le score de Marine Le Pen à une présidentielle au premier tour. Ce que l’on n'avait pas vu, c’est qu’il y a d’abord beaucoup d’endroits où le poids des notables joue encore un peu. Il y a également une partie de son électorat qui hésite encore entre voter FN et s’abstenir. Ce potentiel ne s’est pas totalement exprimé parce que certains ont préféré s’abstenir d’où la capacité de progression du FN entre le premier et le deuxième tour. Ceux qui votent FN croient encore un peu en la politique. D’ailleurs la moyenne du FN est haute : 35,6% au deuxième tour sur un millier de cantons. Et dans les villes qu’ils ont réussi à conquérir aux municipales, le processus d’implantation fonctionne puisqu’ils font tomber les cantons un an après. Le processus est loin d’être terminé, c’est juste moins rapide que ce qu’on l’on pouvait penser parce qu’ils n’ont pas d’alliés, pas de sortants. Et parce que la droite était unie et que le front républicain fonctionne encore un tout petit peu. Ils ont 30 cantons, mais il y en a autant où ils sont entre 48% et 50%, c’est à dire qu’à deux points près, la balance était deux fois plus chargée. Personnellement, j’ai toujours été sceptique sur leur capacité à faire tomber un département entier. Le Vaucluse, c’est quand même neuf cantons à remporter. Tout ça dans une élection qui ne leur était pas favorable. Mais on est loin d’en avoir fini avec le Front national...

      • Comment Hollande a cassé quelque chose en moi - 01/01/1970
        Sur son blog, Jérôme-Olivier Delb retrace l'"itinéraire d?un blasé de la politique", d'un "dégoûté". Cet itinéraire, c?est le sien. De ses débuts au Mouvement des jeunes socialistes en passant par la primaire au cours de laquelle il soutiendra Aubry. Hollande désigné, il fera sa campagne, retrouvera même au passage "le goût du militantisme". Mais, depuis, "trois défaites électorales et des renoncements" sont passés par là. Et il s?interroge : "Que retiendra-t-on de la présidence de François Hollande ? Le mariage pour tous? Et après ?"

        En octobre 1999, j’arrive à Paris pour faire mes études d’architecture. Dès le mois de décembre, je soutiens les grèves étudiantes des écoles d’architecture, traîne mes guêtres à La Villette et me fais repérer par le directeur de mon école d’architecture, à Belleville, qui me demande de monter une liste étudiante pour le Conseil d’administration, auquel je suis élu. Parallèlement, un ami me fait rentrer au Mouvement des jeunes socialistes (MJS) dans lequel, je prends rapidement des responsabilités. Je suis aussi élu étudiant au ministère de la Culture et président du BDE de mon école. Tout ça en moins de deux ans. Je suis un vrai militant prêt à se lever tôt et se coucher tard pour tracter, organiser des réunions, convaincre…

        Lire la suite sur le blog « L'Abeille et l'Architecte » de Jérôme-Olivier Delb

         

      • Vous voulez les vrais résultats ? Divisez tout par deux ! - 01/01/1970
        Pour le second tour des départementales, il y a les résultats qui sont présentés partout dans les médias et qui répartissent simplement les bulletins entre chaque parti. Un véritable trompe-l'oeil ! Pour obtenir les vrais scores, il convient de prendre en compte l'abstention (50,02% des inscrits) et les votes blancs et nuls, qui représentent tout de même 1 678 529 personnes qui se sont déplacées dans les bureaux de votes pour ne choisir aucun des candidats proposés. En additionnant tous ces "invisibles", on tient là le "premier parti de France"... Comme une image vaut mille mots, nous avons réalisé un graphique pour vous aider à y voir plus clair.
      • Benjamin Whitmer : "New York et Los Angeles ne représentent pas les Etats-Unis" - 01/01/1970
      • Paulo Lins : "Le Brésil ne s'est jamais si bien porté" - 01/01/1970
        Paulo Lins, l'auteur de "La cité de Dieu" qui décrivait un Brésil en proie à une violence redoutable, estime néanmoins qu'"il faut faire confiance" à son pays. "Les responsables politiques sont élus démocratiquement", explique-t-il. "Il y a de la "corruption" dans leurs rangs certes, mais le pouvoir judiciaire désormais les poursuit. Et même "économiquement", poursuit-il, "le Brésil vient de résister à deux des crises les plus graves de ces dernières décennies".

        Marianne : A la fin des années 90, vous publiiez La cité de Dieu, du nom de la favela dans laquelle a grandi Dadinho (Ze Pequeno), un gamin que la criminalité en pleine mutation, passant des petits larcins aux grands trafics, a happé. Qu’est ce qui a changé depuis à Rio de Janeiro et plus largement au Brésil ?
        Paulo Lins : Pour eux, rien n’a changé. Il y a toujours — il y a toujours eu d'ailleurs — de la violence au morro (dans la favela). Les policiers des UPP (les unités de police pacificatrices), l’intervention de l’armée, tout ça, c’était une opération de maquillage. De la publicité. La répression, seule, ne changera rien. J’ai l’habitude de dire que nous avons eu quatre cents ans d’esclavage, trois cents ans de colonisation. Alors on dit que le Brésil est violent. Mais qui y envoient les armes ? La France, les Etats-Unis... La violence n’est pas seulement le fait de la favela. A São Paulo par exemple, la police tue dix « negros » par semaine. La police brésilienne est l’une des polices qui tue le plus au monde. Elle tue en général des jeunes qui ont entre 15 et 25 ans, parfois même des jeunes qui se trouvent là, sur son passage. A São Paulo, un véritable groupe d’extermination s’est ainsi constitué, en parallèle.

        Corruption, racisme, percée des évangéliques, ce sont des mots qui reviennent quand on parle aujourd’hui du Brésil. Quels mots y apportez-vous ?
        Voilà une des choses qui a changé. Avec le PT (le Parti des Travailleurs de la présidente Dilma Rousseff), pour la première fois, les hommes politiques corrompus finissent derrière les barreaux. Les gens des morros n’en ont pas conscience. Ils pensent : « Le PT est le parti le plus corrompu du monde. » Mais ils le sont tous. Tous les partis. A la différence que les ministres du PT, ses plus hauts responsables, à l’instar de José Dirceu (équivalent d’un ancien Premier ministre), José Genoino (ancien président du PT), dorment en prison. La corruption a commencé en 1500, (avec l’arrivée des Portugais, ndlr) et a continué jusqu’à aujourd’hui. On dit cependant, sarcastique, qu’elle s’est arrêté en 1994 (après la fin du régime militaire, ndlr). Le PT corrompu, l’ancien ministre de la Justice Mario Thomas Bastos, sous l’ère Lula, ont donné l’autonomie à la police fédérale. Au pouvoir judiciaire. C’est très important. Ce sont eux qui instruisent, aujourd’hui, les affaires et qui poursuivent les hommes politiques. Quant au racisme, ce qui arrive au Brésil est encore la conséquence de la colonisation. Le Brésil est un pays riche. Son poids s’est renforcé économiquement, s’est stabilisé, mais compte beaucoup d’inégalités. Malgré l’embellie qui a permis l’émergence d’une nouvelle classe moyenne. La classe moyenne brésilienne est immense. En revanche, la classe moyenne intellectuelle brésilienne est infime. Le pauvre ne lit pas. Mais le riche ne lit pas non plus. S’il lisait un peu plus, il ne serait pas si arrogant. C’est un conflit qui puise ses racines notamment dans le fait religieux. L’influence croissante des évangéliques, c’est la pire chose qui soit arrivée au Brésil ces dernières années. Ils investissent les bancs politiques de la même manière que l’a fait, en son temps, l’Eglise. Ce sont les mêmes pratiques, comme cette dîme qu’ils demandent aux croyants en échange de la salvação, du salut. Donnez-nous de l’argent et vous serez sauvés disent-ils. Ces prêtres sont des bandits.

        Rarement le Brésil a vu autant de citoyens défiler dans ses rues. En juin 2013, suite à l’augmentation des transports. Il y a quelques jours encore, après les nouvelles révélations dans le scandale Petrobras. Avez-vous vous-même manifesté ?
        Je suis resté chez moi. Je ne suis pas allé manifester. Je ne crois pas que c’était nécessaire. Parce que le Brésil ne s’est jamais aussi bien porté. La démocratie s’est établie, consolidée, les responsables politiques ont été élus, démocratiquement. Economiquement, le Brésil vient de résister à deux des crises les plus graves de ces dernières décennies, depuis la crise des subprimes aux Etats-Unis jusqu’à ses conséquences en Europe. Le Brésil y a fait face. Il faut faire confiance au Brésil.

        La cité de Dieu, Paulo Lins, Ed. Folio, 542 p., 10,90 €.
        Depuis que la samba est samba, Paulo Lins, Ed. Asphalte, 304 p., 22 €. 

      • Gauche : cinquante nuances éditoriales pour une fessée électorale - 01/01/1970
        A se pencher sur les unes des quotidiens ce lundi, le deuxième tour des départementales aura été une sorte de mauvais "remake" des aventures érotico-sado-masochistes soft de Christian Grey et Anastasia Steele...

        Une fois n'est pas coutume, Marianne fait un petit tour d'horizon des unes de la presse quotidienne au lendemain du second tour des élections départementales. Contrairement à la semaine dernière, le diagnostic est unanime : le PS a pris une belle déculottée, une fessée digne de Cinquante nuances de Grey. 

        Ou plutôt une « gifle » selon Le Parisien...

        ... et L'Humanité qui, en plus, embraye immédiatement, sans attendre que le feu sur la joue endolorie de la gauche ne s'estompe :

        Mais, rassurons-nous, le maître SM est identifié : c'est la droite ! La Croix et Les Dernières Nouvelles d'Alsace s'accordent pour remarquer que celle-ci à lever « la main », et « haut » en plus, sur son adversaire...

        Le Courier Picard nous décrit même l'amplitude du geste que la droite a porté sur la gauche.

        Mais Libération en est sûr : certes, le PS a pris une correction, mais il aime ça !

      • Le chômage tue - 01/01/1970
        Sur son blog, Jacques Sapir revient sur deux informations disparues des écrans radars médiatiques et politiques durant l'entre-deux tours : la hausse du chômage au mois de février et les résultats d'une étude qui estime que le chômage tuerait entre 10 000 et 20 000 personnes par an. Une hécatombe silencieuse...

        Dans l’entre-deux tours des élections, deux nouvelles importantes n’ont pas reçu la couverture médiatique qui s’imposait.

        Pour la première, la hausse du nombre des demandeurs d’emplois en février 2015, cela peut se comprendre. Le Premier ministre, plus que gêné aux entournures, a refusé de commenter ce qui apparaît comme une dénonciation de sa politique. On comprend le silence médiatique intéressé sur cette nouvelle.

        Mais la seconde est encore plus importante. Selon une estimation de l’INSERM, corroborée par une étude dont les résultats ont été publiés en décembre dans la revue International Archives of Occupational and Environmental Health, le chômage pourrait « tuer » entre 10 000 et 20 000 personnes par an. Ce fait, brut, nos rappelle que, derrière les chiffres, il y a des souffrances, des drames.

        Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

      • Abstention, vote blanc ou nul : la démocratie des invisibles - 01/01/1970
        Un Français sur deux ne s'est pas déplacé pour voter. C'est devenu un classique de l'exercice électoral, totalement nié par les acteurs et les observateurs de la vie politique qui aiment à gloser sur les scores des uns et des autres quand la démocratie moderne s'affirme d'abord comme une démocratie de l'abstention.

        « Ce soir, les électeurs se sont plutôt mobilisés ». C’est le premier commentaire dont nous a gratifié Brice Teinturier, directeur de l'institut Ipsos, sur France 2. Nos sondeurs sont pleins de ressources. Quand l’abstention frôle les 50% (49,8%), le verre démocratique est à moitié plein. Le chiffre d’ailleurs sans doute le plus significatif de ce scrutin, des précédents et de ceux à venir, n’impacte jamais en rien les commentaires politiques. Ces invisibles de la démocratie n’ont aucune existence, ni politique, ni médiatique.  

        Dans les partis et chez les commentateurs, l’habitude est désormais prise, sans doute pour longtemps, d'analyser et de décrypter comme un « vote des Français » un résultat qui ne concerne en fait que la moitié d’entre eux. Un procédé confortable quand il s’agit de donner encore un sens électoral à ce qui en a de moins en moins.  

        Pour Manuel Valls, le « vrai bouleversement » est le score de l’extrême droite, incapable de prendre en compte que ce dimanche le peuple de gauche ne s’est tout simplement pas déplacé. Comme annoncé par un sondage du Figaro, le « ni-ni » défendu par la droite a semble-t-il atteint aussi les électeurs de gauche. 

        Mais ce qui faisait encore parfois l’objet de quelques commentaires inquiets sur la « crise de la démocratie représentative » est désormais totalement nié. Un simple pourcentage donné dans l’attente des « vrais » résultats qui auront, eux, forcément un sens politique. Il faut disserter sur les scores respectifs du PS, de l'UMP et du FN alors même qu'une récente enquête d'opinion d'Odoxa pour iTélé et Le Parisien nous expliquiait que près de la moitié des sondés (48%) ne se reconnaissent pas dans ces formations... Pis : 26% avouent n'avoir « aucune proximité partisane ». Mais tant pis, n'en parlons surtout pas...

        Le vote blanc désormais compté (mais pas comptabilisé dans le résultat finalement), subit le même sort. Cette arme revendiquée contre l’abstention et les votes extrêmes est à peine présentée quand elle est tout simplement niée et ou oubliée. Dans certains cantons, il frôle pourtant les 10%. Au premier tour, le vote blanc agrégé au vote nul franchissaient ensemble la barre des un million !

        Ce déni de la désertion des urnes est passé dans les m?urs électorales alors que les vrais mécontents, qui ont tellement abandonné la chose politique que même l’opposition radicale au parti au pouvoir ne les atteint pas, sont dans doute à chercher de ce côté-là.

        Selon Anne Jadot, chercheuse au CEVIPOF, un phénomène s’accentue avec la montée de « l’abstention différentielle. Les électeurs du parti au pouvoir s’abstiennent plus ».

        Si l'on se penche plus précisément sur les cantons convoités par le FN, on constate que la mobilisation est en effet très relative sinon imperceptible. Dans l’Aisne 45% d’abstention, 5% de votes blancs et nuls et un Front national qui gagne 5 000 voix d'un tour à l'autre.

        Dans le Vaucluse, l’abstention baisse de trois points, mais les votes blancs grimpent d’autant. Et le Front national fait le même score qu’au premier tour.

        La Seine-Maritime, qui bascule à droite, affiche un taux d’abstention de 51%. Dans le Nord, on compte 53% d'abstentionnistes et 8% de votes blancs et nuls, soit plus de 60% du corps électoral qui ne choisit aucun parti. Et on pourrait égrener sans fin la liste des territoires perdus de la gauche où l’abstention flirte avec les 50%.

        Symptomatique, le département de la Lozère, le seul département qui bascule à gauche, est l’un de ceux où l’abstention est la plus faible du pays (31%). La gauche gagne encore quand l’électeur s’est déplacé, mais la mobilisation nécessaire invoqué par Manuel Valls tout au long de la campagne n'a pas eu lieu. 

        Autrefois, la gauche contestataire « votait avec les pieds ». C’est toujours le cas. Mais les pieds bien au chaud désormais.  

      • Ces chiffres du second tour que vous ne verrez nulle part - 01/01/1970
        A la vision d?une carte de France peinte en rose et bleu, on pourrait de prime abord penser que le Front national a été pulvérisé au second tour des départementales. En se penchant sur le nombre de voix engrangées par chaque formation politique, on constate que la vérité est toute autre?

        Selon les dernières estimations Ipsos dont nous disposons, la droite serait majoritaire dans 65 à 69 départements, la gauche conserverait de 31 et 36 départements et le Front national n'en gagne aucun. Lus tels quels, ces résultats nous donnent un podium sur lequel la droite peut arborer la médaille d’or, le PS faire bonne figure avec l’argent et le FN se contente du bronze.

        Oui mais… Reprenons les résultats, en usant d'un autre outil de mesure : les bulletins engrangés par chaque formation politique (selon les chiffres du ministère de l'Intérieur disponibles ce lundi 30 mars à 1h00 du matin). L’UMP-UDI est bien sur la plus haute marche avec 6 942 575 voix (en additionnant les suffrages de l’UMP, de l’UDI et des candidats estampillés « Union de la droite »). En revanche, le PS, associé aux candidats étiquetés « Union de la gauche » (ce qui signifie qu'il y a dans leurs rangs au moins un PS), avec 4 607 021 voix, est talonné de près par le Front national qui, lui, affiche 4 108 404 voix.

        On comprend mieux, ainsi, pourquoi le Front national milite pour l'instauration de la proportionnelle... Par exemple, en Moselle, le FN fait 34,98% des voix (alors qu'aucun autre parti ne dépasse les 19%) et n'obtient pourtant aucun siège. Le PS obtient 16,81% des suffrages et, lui, s'en tire avec 14 sièges...

        Article réactualisé lundi 30 mars à 1h00 du matin.

      • Oui, tout a changé - 01/01/1970
        On nous promettait une élection pour rien. Loupé ! Avec un FN dont l'enracinement ne fait désormais plus aucun doute, tout change. A commencer pour la majorité...

        La mine dépitée, Manuel Valls n’a pas, ce dimanche soir de second tour des élections départementales, évoqué un résultat « honorable » pour son camp, comme sept jours auparavant. Depuis la rue de Varenne, le Premier ministre a bien du reconnaître « un bouleversement durable de notre paysage politique ». Le FN n’a pas remporté de département à l’issue de ces deux dimanches d’élection, mais son enracinement est incontestable. « Nous ne devons pas sous-estimer l’enracinement du FN dans une élection qui n’est pas d’ordinaire propice à ce genre de parti », a répondu en écho Alain Juppé depuis Bordeaux.

        Marianne l’écrivait déjà en une il y a quinze jours : ces élections n’étaient pas des élections pour rien. « Tout va changer » prévenions-nous. Ces départementales actent les nouveaux réflexes des citoyens. Ecrivent de nouvelles évidences politiques : avec l’indéniable progression du parti de Marine Le Pen, la gauche comme la droite ne peuvent plus s’offrir le luxe de la division.

        Nicolas Sarkozy l’avait compris dès début 2011, occupé matin, midi et soir à décourager une possible candidature du centriste Jean-Louis Borloo à la présidentielle. Quant au PS, treize ans après l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de la présidentielle, pour survivre il n’a pas d’autre choix que le dialogue.

        Il va déjà falloir que le parti de la rue de Solférino se parle à lui même. Dimanche soir, les frondeurs ont réclamé ce « changement de cap », que François Hollande et Manuel Valls passent leur temps à refuser. Il y aura des discussions avec certains écolos, dit « hollandais ». Mais difficile de parler plus à gauche.

        Silencieux depuis le soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon est sorti ce dimanche de sa réserve pour appeler à ne pas laisser « Hollande et Valls réduire la belle idée progressiste de gauche à néant. » Là où Valls voit un « bouleversement », le fondateur du Parti de gauche assure que notre pays est menacé « de dislocation ».

        Dès dimanche soir, Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS appelait au rassemblement des partis de gauche pour les régionales de décembre, car « il faut l'union » et « d'abord là où le FN menace ». L’unité ou la mort ?

      • Hollande et Valls, vers une cohabitation d'un nouveau genre - 01/01/1970
        L'union est un combat, dit-on. François Hollande va en prendre une nouvelle fois conscience, lui qui désormais va s?efforcer de rassembler, dans la perspective de 2017, une gauche largement en miettes. D'autant que son Premier ministre, de son côté, entend surtout ne rien changer à sa politique et l'a même fait savoir dès 20h07.

        Comme chaque lundi ils vont se retrouver au déjeuner. Et pendant que Nicolas Sarkozy servira les agapes pour son retour électoral triomphant, François Hollande et Manuel Valls partageront une simple soupe à la grimace. Un breuvage d’autant plus amer que la bérézina départementale de ce dimanche, augure de prochains mois crispés entre les deux têtes de l’exécutif.

        Car si le Premier ministre, toujours droit dans ses bottes, inébranlablement campé sur sa ligne libérale, clamait dès 20h07, qu’il ne changerait rien et qu’il redoublerait même d’énergie pour promouvoir sa politique, le chef de l’Etat le regard perdu sur l’horizon 2017 va s’efforcer de rassembler. Rassembler son camp, cette gauche en miettes, explosée façon puzzle après seulement trois années de pouvoir. Dorloter les frondeurs, séduire des écologistes en voie d’extinction politique, reparler aux ouvriers et à ces catégories populaires qui ont fui le parti socialiste.

        Entre Valls et Hollande ce n’est pas seulement une répartition des rôles qui va se mettre en place dès ce lundi à l’heure du déjeuner. C’est une cohabitation qui risque de s’installer entre deux hommes qui se sont choisis par simple tactique : en 2011, au soir du premier tour de la primaire quand Valls rallia Hollande plutôt qu’Aubry, puis en 2014 lorsque le chef de l’Etat n’eut d'autre alternative que de le promouvoir à Matignon, après les débâcles successives de Jean-Marc Ayrault.

        Reste à savoir où conduira cette cohabitation d’un nouveau genre, entre deux personnalités d’une gauche en ruines, sans idées et sans plus beaucoup d’électeurs…

      • Deuxième tour amer pour Marine Le Pen - 01/01/1970
        Malgré un premier tour victorieux, pas de deuxième tour triomphant pour le FN. Le parti de Marine Le Pen a beau passer d'un seul poste de conseiller général à plusieurs dizaines, il n'est pas parvenu à s'emparer d'un exécutif local, ce qui aurait concrétisé son implantation.

        Morne soirée électorale au siège du Front national à Nanterre. Pas un dirigeant en vue avant 20 heures, l’heure fatidique des résultats officiels. Au moment des directs sur les chaînes d’info, à 20 heures 20 pétantes, la présidente a consenti à descendre de son bureau pour livrer son commentaire. Cinq minutes de discours, et puis elle s’en est retournée dans son bureau, escortée d’une marée de micros et de caméras qui tentaient de lui arracher quelques mots supplémentaires. Peine perdue.

        Ce soir de deuxième tour, elle ne triomphe pas : malgré un score historique de plus de 40% des voix, le Front national ne gagne aucun département. Pas plus l’Aisne que le Vaucluse où Marine Le Pen s’était risquée, quelques jours avant le second tour, à pronostiquer la victoire de ses candidats. Pis, dans ces deux départements, le FN arrive en dernière position : 5 cantons dans l’Aisne contre 9 pour la droite et 5 pour la gauche ; 3 cantons dans le Vaucluse contre 6 pour la droite et 5 pour la gauche.

        Plus symptomatique encore des difficultés du FN à transformer un premier tour victorieux en deuxième tour triomphant, son seul conseiller sortant, Laurent Lopez à Brignoles (Var) a été battu ce dimanche. Et dans son combat fratricide contre la Ligue du Sud à Orange, le FN perd de six voix. Marion Maréchal - Le Pen a annoncé aussitôt qu’elle engagerait un recours.

        Vers 21 heures 30, Marine Le Pen est à nouveau descendu pour saluer les militants. Toujours pas d’autres dirigeants. Comme s’il lui fallait venir rassurer ses troupes, leur rappeler qu’à cette heure-là 20 cantons étaient déjà gagnés et que 30 autres étaient attendus. Le Front national n’en dirigeait qu’un seul jusqu’alors. « Gagner un département aurait été un exploit » leur a-t-elle rappelé. Ils y avaient presque cru. « Je suis à la tête du seul mouvement d’opposition véritable » leur a-t-elle rappelé. Il faudra toute leur foi militante pour le croire.

        A 22 heures, il n’y avait plus qu’une poignée de militants du Front national de la jeunesse pour chanter la Marseillaise à tue-tête. Mais toujours pas l'ombre d'un dirigeant...

         

      • Au PS, les frondeurs ciblent Hollande - 01/01/1970
        Au soir du second tour, les socialistes réunis au siège du PS ont abandonné leurs éléments de langage. Les frondeurs et la gauche du parti, arrivés en force, en profitent pour en appeler une nouvelle fois à la réorientation de la politique du gouvernement. Mais, caméras éteintes, la lassitude et la ranc?ur s'expriment à l'égard de celui qu'ils considèrent être le premier responsable de la débâcle : le président de la République.

        En ce soir de second tour des départementales, il pleut des trombes d'eau sur Paris. A Solférino, l'ambiance est même glaciale à quelques minutes des premiers résultats. « Je suis de mauvaise humeur », lâche en arrivant le député européen Emmanuel Maurel, un des meneurs de l'aile gauche du parti socialiste. En l'absence de résultats, son comparse frondeur Jérôme Guedj, président du conseil général de l'Essonne pour encore quelques heures, a mauvaise mine. Un peu avant 20 heures, il ne sait pas s'il a réussi à sauver sa tête : « On était debout au premier tour. Les gens sont encore en train de voter. En tout cas, on s'est battu jusqu'au bout », lâche-t-il devant les journalistes agglutinés. Ça n'aura pas été suffisant. Quelques minutes plus tard on l'apprend : l'Essonne passe à droite...

        La nervosité est en tout cas palpable. De son côté, le député de la Nièvre, Christian Paul, passe son temps au téléphone, et fait les cents pas. « Si c'est passé à trente voix, c'est bien », explique-t-il à l'un de ses interlocuteurs, mobile vissé à l'oreille. Mais face aux journalistes qui le pressent de donner des nouvelles, il préfère botter en touche : « Je ne sais pas.. De toute manière dès que je dis quelque chose, ça se retrouve sur Twitter ». Au moins, son département, la Nièvre, sera sauvé pour le PS. « Dans mon canton, c'est passé à 22 voix », confie-t-il à Marianne. Maigre consolation...

        Incompréhension face à tant d'« obstination »

        Alors, quand le Premier ministre apparaît à l'écran, et qu'il lâche « J'ai entendu ce message », Emmanuel Maurel, présent dans la salle de presse, met sa tête dans les mains, et montre son mécontentement. D'autant que Manuel Valls enchaîne en évoquant « la loi croissance et activité » que l'ancien inspecteur du travail, Gérard Filoche, lui aussi de la gauche du parti, accueille d'un : « Ça va faire du chômage oui ! ». Maurel exprime son incompréhension : « Cette obstination est irresponsable, elle éloigne de plus en plus les électeurs ». A cette heure, la gauche garderait en effet la majorité absolue dans seulement une trentaine de départements...

        Désorientés, les frondeurs socialistes déclament tout de même à tous les journalistes télés et radio « la nécessité d'une réorientation de la politique du gouvernement ». « Nous, on propose une plateforme de rassemblement des forces de gauche », revendique ainsi la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. « Il faut reparler aux couches populaires qui ne votent plus, ou à droite », exhorte-t-elle. Mais, même chez cette combattante, on sent poindre la lassitude, défaite après défaite : « Les gens ne mangent pas avec des “marqueurs”. Ils ont besoin de choses tangibles ! » Et la sénatrice d'exprimer sa colère à l'égard du président de la République : « Si Hollande ne veut jamais s'interroger, c'est au PS de prendre ses responsabilités au congrès ». Ajoutant : « On n'abandonnera pas le navire socialiste, car on est socialistes ! » Une réaction identitaire face à un exécutif qui, lui, semble plus que jamais avoir oublié le PS...

        En attendant, les responsables légitimistes ont laissé au placard leur discours guerrier du premier tour. Ils étaient d'ailleurs peu nombreux à être présents ce soir à Solférino. « D'ailleurs, il ne s'est strictement rien dit au Bureau national de ce soir. Rien de rien », s'exaspère un frondeur. Ce qui n'empêche pas, à la sortie de la réunion, le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis de colmater les brèches du navire socialiste : « C'est un recul d'implantation sans être une débâcle », ose-t-il dans son allocution. Devant la déroute, le taulier du PS préfère panser les plaies de ses troupes : « Je tiens à remercier les socialistes qui de la base au sommet se sont battus ». Concluant : « L'unité du PS est indispensable à l'unité de la gauche ». Bref, « Camba » a déjà la tête dans le congrès de juin prochain...

      • Nicolas Sarkozy savoure sa victoire - 01/01/1970
        Comme au premier tour, Sarkozy l'a joué modeste. Devant les caméras en tout cas. Car en coulisses, le président de l'UMP s'est délecté de cette victoire qui conforte, pense-t-il, sa stratégie.

        Tout a été fait pour que la fête soit parfaite. Dans la salle de presse de l'UMP, Nicolas Sarkozy a invité quelques centaines de militants afin d'être applaudi lors de son discours de victoire, et ça n'a pas manqué. Hourras d'admiration, « Nicolas, président ! », tout y était lorsque le patron de l'UMP est monté sur son estrade.

        Lequel a rejoué la partition modeste qu'il avait entonnée une semaine plus tôt, refusant de s'arroger publiquement la responsabilité de ce succès : « Cette victoire revient à tous ceux qui ont fait le choix du collectif. Que chacun en soit remercié. »

        Il n'empêche. Quelques minutes plus tôt, dans le secret de la salle de réunion du siège, Nicolas Sarkozy a dit et répété que cette victoire confortait sa stratégie à lui, et personne d'autre : alliance avec l'UDI, discours offensif vis-à-vis du FN et droite « décomplexée sur ses valeurs ». Il se régale.

        Le président de l'UMP était d'ailleurs tellement de bonne humeur que celui-ci a fait preuve d'un grand sens de la taquinerie, comme le raconte un témoin : « Il regardait tout le monde autour de lui et dès qu'un type faisait une tête bizarre, Nicolas lui demandait ce que serait sa tête en cas de défaite ou s'il venait d'avoir une mauvaise nouvelle dans sa famille ! »

        « Je retrouve la grande ambiance de 2007 », s'enflamme même (un peu vite) le vieil ami Pierre Charon. L'ambiance était d'ailleurs tellement bonne qu'un autre cadre de l'UMP s'est invité au siège ce dimanche de victoire : François Fillon. L'ancien Premier ministre, probable candidat à la primaire de l'UMP, a en effet passé une tête devant les caméras et les micros, saluant « un gros succès pour l'UMP ». Pour quelle raison vient-il ainsi se montrer au siège de l'UMP ? « Il a mouillé la chemise comme les autres et ici c'est sa maison », nous répond l'entourage de François Fillon, qui rappelle également qu'il est « candidat à la primaire ». François Fillon s'engouffre dans l'ascenseur et commence un entretien avec Nicolas Sarkozy, dans son bureau de président de l'UMP.

        Un enthousiasme général que veut tempérer le juppéiste Gilles Boyer : « Avant de dire que la progression du FN est endiguée, regardons les chiffres ! », a-t-il tweeté. Réaction de Laurent Wauquiez à la lecture du message : « Il parle des chiffres en Gironde ? » La Gironde est un des rares départements où la droite n'a pas brillé ce soir. Et, devinez quoi : c'est aussi celui d'Alain Juppé...

      • Elections : les résultats département par département - 01/01/1970
        Selon les dernières estimations, la droite remporterait 65 à 69 départements tandis que la gauche en conserverait entre 31 et 36. Le FN, lui, même s'il engrange ce soir de nombreux postes de conseillers départementaux, ne parviendrait peut-être pas à prendre les commandes d'un exécutif local. Pour affiner ces résultats, "Marianne", en partenariat avec le site Francetvinfo.fr, vous propose un moteur de recherche permettant de consulter, département par département, canton par canton, ville par ville, les chiffres du deuxième tour des élections départementales 2015, ceux du premier, ceux aussi des scrutins précédents ainsi que toute une batterie de données économiques et sociales de l'Insee pour chaque territoire.

        >>> Mode d'emploi :

        Cliquez sur la carte sur le département de votre choix ou rentrez le nom de la commune qui vous intéresse, vous accéderez alors aux résultats du deuxième tour sur ce territoire dès qu'ils seront connus.

        Avant même la publication des résultats, cet outil vous permet d'accéder pour chaque commune aux scores des scrutins passés et à toute une batterie de données Insee (taux de chômage, nombre de redevables ISF, nombre d'immigrés, etc).

        Ce widget a été développé par Francetvinfo.fr







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      Dernière mise à jour : 11/08/2007