Une entreprise adaptée est une entreprise ordinaire, soumise aux règles du marché, dont l’effectif de production compte au minimum 55 % de travailleurs handicapés éloignés de l’emploi. Ces salariés sont embauchés sous contrat de travail classique. L’État agrée l’entreprise et lui verse une aide pour chaque poste occupé.
Qu’est-ce qu’une entreprise adaptée ?
L’entreprise adaptée (EA) appartient au milieu ordinaire de travail. Elle vend des produits ou des services à des clients, paie des charges et doit équilibrer ses comptes, comme n’importe quelle société.
Sa particularité tient à sa mission sociale : offrir un emploi durable à des personnes que le marché du travail classique accueille difficilement. Le seuil de 55 % de travailleurs handicapés s’apprécie sur l’effectif de production.
Cette organisation fait souvent le lien avec les pratiques de gestion d’une équipe, comme on le voit dans cet article sur la gestion des ressources humaines, qui s’applique aussi à ces structures.
Le statut ne se déclare pas librement : il suppose un agrément de l’État, renouvelé à chaque nouveau contrat. Une entreprise qui n’atteint plus la proportion de salariés exigée peut donc perdre cette reconnaissance et les aides qui l’accompagnent.
Comment fonctionne une entreprise adaptée
Pour exister, une EA doit être agréée. L’agrément prend la forme d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) conclu avec le préfet de région, pour une durée maximale de cinq ans. Sans ce contrat, l’entreprise n’est pas reconnue comme adaptée.
En contrepartie, l’État verse une aide au poste pour chaque travailleur handicapé employé, mensuellement, par l’intermédiaire de l’Agence de services et de paiement. Le montant dépend du temps de travail et de l’âge du salarié, et il est révisé de temps à autre.
Les EA travaillent dans des secteurs très variés : services aux entreprises, espaces verts, restauration collective, logistique, numérique ou industrie légère. Elles répondent à des appels d’offres et à des commandes privées, avec les mêmes exigences de qualité que leurs concurrents. Faire travailler ensemble des profils différents demande de soigner la cohésion d’une équipe mixte.

Qui peut travailler dans une entreprise adaptée ?
Le public visé est composé de personnes en situation de handicap, le plus souvent titulaires de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Les candidats doivent aussi remplir des critères d’éloignement de l’emploi fixés par les textes, qui ont été précisés par un arrêté du 12 mars 2025.
Le recrutement passe par deux voies : une proposition du service public de l’emploi (France Travail, Cap emploi) ou une candidature directe auprès de l’entreprise. Un conseiller Cap emploi aide à construire le projet et à repérer les postes compatibles.
Pour préparer cette démarche, il est utile de savoir chercher une offre d’emploi adaptée à son profil.
Contrat, salaire et droits des salariés
Le salarié d’une EA signe un contrat de droit commun, en CDI ou en CDD. Il relève du Code du travail comme tout autre employé : congés, durée du travail, protection sociale et représentation du personnel s’appliquent.
Sa rémunération est au moins égale au SMIC. Il n’existe pas de grille imposée : le salaire dépend du poste et de l’accord de l’entreprise. Les salariés bénéficient aussi de l’intéressement et de l’épargne salariale quand l’entreprise les met en place.
L’entreprise prévoit en outre un accompagnement professionnel adapté, pour ajuster le poste, les horaires ou l’environnement de travail.
Un salarié d’EA peut changer d’employeur, démissionner ou négocier son salaire comme dans n’importe quelle entreprise. Cette liberté de parcours distingue nettement ce statut des structures protégées et rend possible une carrière vers le milieu ordinaire.
Entreprise adaptée ou ESAT : les différences
Les deux structures accueillent des personnes handicapées, mais elles n’appartiennent pas au même univers. L’EA relève du milieu ordinaire, l’ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail) du milieu protégé.
| Critère | Entreprise adaptée | ESAT |
|---|---|---|
| Statut de la personne | Salarié | Usager accueilli |
| Cadre juridique | Contrat de travail | Contrat de soutien et d’aide par le travail |
| Accès | RQTH et candidature, ou orientation par le service public de l’emploi | Orientation par la CDAPH (commission de la MDPH) |
| Rémunération | Au moins le SMIC | Part du SMIC, complétée par des aides |

Pour entrer en ESAT, il faut donc une décision d’orientation de la CDAPH, demandée auprès de la MDPH du département. L’EA ne l’exige pas : la RQTH et les critères d’éloignement de l’emploi suffisent.
Les dispositifs pour rejoindre l’emploi classique
Certaines formules servent de tremplin vers une entreprise ordinaire. Le CDD tremplin est un contrat à durée déterminée conçu pour construire un parcours et préparer la suite. L’entreprise adaptée de travail temporaire (EATT) propose des missions d’intérim à des travailleurs handicapés.
Ces voies s’ajoutent à l’emploi durable en EA. Elles permettent de gagner de l’expérience et de se faire connaître, y compris par de nouveaux canaux, comme les réseaux sociaux utilisés pour le recrutement.
Pour trouver une EA proche de chez soi, les annuaires officiels des acteurs de l’emploi et du handicap, ainsi que le conseiller Cap emploi, donnent les structures agréées de la région.


